Religion bahá'íe

Tablette à La Haye

Tablette à La Haye (Abdu'l-Bahá)
Auteur: Abdu'l-Bahá (révélation 1916)
Edition : EBF 2015 - isbn: 2-912155-76-2

Table des matières

1. Unité d’action entre les hommes de bonne volonté
2. De la guerre à la paix
3. L’unité de conscience à la base de la paix universelle
4. La proclamation universelle d’un prisonnier
5. Principe de la recherche indépendante de la réalité
6. Principe de l’unité de l’humanité
7. Principe des 3 fléaux de l’humanité (ignorance, immaturité, maladie)
8. Principe d’abstention du fanatisme
9. Principe d’unité entre science et religion
10. Principe d’abandon des préjugés
11. Principe d’une langue auxiliaire universelle
12. Principe de l’égalité entre hommes et femmes
13. Principe du partage volontaire de ses biens
14. Principe de la liberté de l’homme
15. Principe de la nécessité de la religion
16. Principe de l’unité entre la civilisation matérielle et divine
17. Principe de l’éducation universelle
18. Principe de la justice universelle
19. Les enseignements de Bahá’u’lláh concourent à la paix universelle
20. La religion universelle
21. Principe de la liberté
22. Principe de la politique divine
23. Principe d’un tribunal universel
24. Puissance des enseignements de Bahá’u’lláh
25. Tentatives d’appropriation des enseignements de Bahá’u’lláh
26. Principe du pouvoir de l’amour
27. Principe de l’existence d’un Créateur
28. Principe de l’unité dans la diversité

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Introduction

Devant les prémices d’un chaos imminent en 1899, le Tsar de Russie suggéra d'organiser une Conférence sur la Paix à la Haye.

Selon l’historien Serge Cosseron : « il s'agit de la première conférence de la Paix à la Haye sur l'arbitrage international en mai 1899. Vingt-six Etats furent représentés mais les résultats ne furent pas à la hauteur des espérances entretenues dans l'opinion publique européenne. La proposition russe de porter un coup d'arrêt à l'armement fut rejetée comme "irréaliste et idéaliste". On se contentera de recommander une limitation de l'armement, sans aucun caractère d'obligation. La délégation allemande s'opposera à toute atteinte à la souveraineté absolue des nations et seule la pression de la Russie et de l'Angleterre permettront la création d'une Cour internationale d'arbitrage. Les participants se mettront d'accord cependant pour "humaniser la guerre" et s'accorderont sur les droits des combattants et des prisonniers de guerre, ainsi que sur une codification des armes employées. » [voir : « L'Europe de 1815 à nos jours », La Manufacture, Besançon, 1991]

D’après les notes d’une allocution d’Abdu’l-Bahá en visite à Londres en 1913: « Le Tsar de Russie proposa notamment de réduire l'armement de toutes les nations. À cette Conférence de la Haye il fut prouvé que la Paix était bénéfique pour tous les pays, et que la guerre détruisait le commerce, etc. Les propos du Tsar étaient admirables; pourtant, après la Conférence, il fut le premier à déclarer la guerre. » [nota : référence à la guerre de la Russie contre le Japon. Le Secrétaire d'État russe Bezobrazoff refusera d'exécuter l'accord russo-japonais de 1902 prévoyant l'évacuation de la Mandchourie par les Russes et de la Corée du Nord par les japonais. La guerre russo-japonaise commencera réellement en février 1904 par une attaque surprise des Japonais sur Port-Arthur. ( « Les grands pays – URSS », Encyclopédies Quid, Paris, 1984)]

Abdu’l-Bahá identifie alors la raison fondamentale de l’échec de cette tentative de paix, à savoir que pour établir la paix universelle une force spirituelle universelle de même ampleur ressentie et mise en pratique par tous est aussi nécessaire : « La connaissance n'est pas suffisante; par l’amour de Dieu nous espérons la mettre en pratique. Une force spirituelle universelle est nécessaire pour cela. Les réunions sont bonnes pour engendrer une force spirituelle. Il est bon de savoir qu'il est possible d'atteindre un état de perfection; mais marcher de l'avant sur ce sentier est mieux. Nous savons qu'il est bon d'aider les pauvres et d'être miséricordieux et que cela plaît à Dieu, mais la connaissance en elle-même ne nourrit pas l'homme affamé, et le pauvre ne peut être réchauffé par la connaissance ou les belles paroles lors d'un hiver rigoureux; nous devons apporter une aide concrète empreinte de tendre bonté. » [voir : « Abdu’l-Bahá à Londres »]

Devant cet échec cuisant des représentants des 26 États réunis à La Haye pour prévenir la guerre mondiale, Abdu’l-Bahá fait l’amer constat : « Il est évident que cette assemblée de La Haye n'est pas à la hauteur de sa réputation et qu'elle est incapable de résoudre les problèmes de la manière qui s'impose. Il n'en reste pas moins que les affaires dont elle s'occupe sont de la plus haute importance. » [voir : « Sélection des écrits d'Abdu'l-Bahá » - chap. 228]

En visionnaire Abdu’l-Bahá préconise donc dès 1920 qu’à une telle organisation des nations du monde, même embryonnaire comme La Haye ou l’ONU plus tard, soit octroyé démocratiquement les moyens et le pouvoir réel d’assumer son rôle de maintien de la paix : « La réunion de La Haye devrait disposer d'un pouvoir et d'une influence tels, que ses délibérations exercent un effet sur les gouvernements et les nations. Rappelez aux membres du Comité que la Conférence de La Haye, qui s'est tenue avant la guerre, avait comme président le tsar de Russie, et que ses membres étaient des hommes particulièrement éminents, ce qui n'a pas permis, malgré tout, d'éviter une aussi terrible guerre. Qu'en sera-t-il aujourd'hui? » [voir : « Sélection des écrits d'Abdu'l-Bahá » - chap. 228]

Hélas la cause des maux n’étant pas traitée, à savoir la désunion en conséquence de cet échec de La Haye dans le processus de construction d’une organisation des nations unies plus juste et durable, Abdu’l-Bahá prophétisa vers 1920 au moment des liesses des nations qu’après cette première guerre mondiale suivra une seconde conflagration mondiale encore plus globale et cruelle : « Dans l'avenir, un autre conflit, plus cruel que le dernier, éclatera certainement; ceci est, en vérité, hors de doute. Or, que peut faire le Comité de La Haye? » [voir : « Sélection des écrits d'Abdu'l-Bahá » - chap. 228]

En attendant, cette « Tablette de la Haye » aimante et bienveillante adressée vers 1916 en pleine guerre mondiale, est une invitation à ne pas se décourager dans l’un des pires moments de l’histoire de l’humanité adressée à toutes les bonnes volontés désireuses de contribuer à une véritable paix universelle.

Cette foi en l’Homme portée aujourd’hui entre autres par les bahá’ís du monde entier génère une vision positive et une motivation sans cesse renouvelée de construction de la paix à long terme, bien que l’ordre actuel qui prévaut parmi les nations échoue lamentablement : « La foi bahá’íe voit la confusion actuelle du monde et la situation désastreuse des affaires humaines comme une phase normale d'un processus naturel menant inéluctablement à l'unification de la race humaine en un seul ordre social qui ne connaîtra d'autres frontières que la planète. » [voir : « La Promesse de la Paix mondiale », une déclaration de la Maison Universelle de Justice aux peuples du monde, 1986]

La raison de cet optimisme des bahá’ís à toutes épreuves, à savoir que « la paix mondiale est non seulement possible mais inévitable » [voir : « La Promesse de la Paix mondiale », MUJ], accompagnée des patientes actions qui en découlent pour la construction réaliste et progressive d’une paix des nations à long terme, toute cette énergie positive puise sa force dans cet acte unique de foi que Bahá’u’lláh exprima magistralement au professeur E.G. Browne venu lui rendre visite en prison à Akka en Palestine en 1890: « Nous ne désirons que le bien du monde et le bonheur des nations ; cependant, on nous suspecte d'être un élément de désordre et de sédition, digne de captivité et de bannissement (...). Que toutes les nations deviennent une dans la foi et que tous les hommes soient frères ; que les liens d'affection et d'unité entre les enfants des hommes soient fortifiés ; que la diversité des religions cesse et que les différences de races soient annulées, quel mal y a-t-il en cela ? Cela sera, malgré tout ; ces luttes stériles, ces guerres ruineuses passeront et la paix suprême viendra. »

Eric Louvet

[nota : cette introduction ainsi que les numéros de versets et libellés des chapitres sont proposés dans cette édition numérique afin d’offrir au chercheur un contexte historique et une facilité d’accès aux versets]


1. Tablette à La Haye (la paix universelle)

1. Unité d’action entre les hommes de bonne volonté

(1.1)
Ô vous, hommes estimés, précurseurs parmi les amis sincères de l’humanité!

(1.2)
Les lettres que vous m’avez envoyées pendant la guerre [nota : 1ère guerre mondiale 1914-1918] ne me sont pas parvenues mais une autre, datée du 11 février 1916, vient de m’être remise, et je m’empresse d’y répondre.

(1.3)
Vos intentions méritent mille et mille louanges, car vous servez le monde de l’humanité ce qui conduit au bonheur et au bien-être de tous les hommes.

2. De la guerre à la paix

(2.1)
Ce récent conflit a prouvé au monde que la guerre est dévastation alors que la paix universelle est construction.

(2.2)
La guerre c’est la mort, la paix c’est la vie.

(2.3)
La guerre est rapacité et soif de sang, la paix est philanthropie et bienveillance.

(2.4)
La guerre est asservissement au monde de la nature, la paix est à la base de la religion divine.

(2.5)
La guerre est ténèbres sur ténèbres, la paix est lumière céleste.

(2.6)
La guerre détruit l’édifice de l’humanité, la paix donne une vie éternelle au monde des hommes.

(2.7)
La guerre est comme un loup enragé, la paix est pareille aux anges du ciel.

(2.8)
La guerre est lutte pour la vie, la paix est assistance mutuelle et coopération entre les peuples de la terre ; c’est aussi la source du plaisir de Dieu, le Vrai, dans le royaume céleste.

3. L’unité de conscience à la base de la paix universelle

(3.1)
Y a-t-il quelqu'un dont la conscience ne témoigne pas qu’en ce jour, il n’est pas d’affaire plus importante que la paix universelle !

(3.2)
Tout être juste en porte témoignage et vénère votre estimable assemblée car son but est de transformer ces ténèbres en lumière, cette soif de sang en bonté, ces calamités en bonheur suprême, ces épreuves en bien-être, cette hostilité et cette haine en solidarité et en amour. C’est pourquoi les efforts de ces âmes estimables sont dignes de louange et d’approbation.

(3.3)
Mais les gens avisés, conscients des liens essentiels qui découlent de la réalité des choses, considèrent qu’un seul problème ne peut, par lui-même, influencer comme il le devrait la réalité humaine car, tant que les hommes n’auront pas l’intelligence de s’unir, on n’accomplira rien d’important.

(3.4)
À l’heure actuelle, la paix universelle est un problème de grande importance, mais pour que les fondements de la paix soient stables, son instauration ferme et sa structure solide, l’unité de conscience est essentielle.

4. La proclamation universelle d’un prisonnier

(4.1)
Ainsi, il y a cinquante ans, alors qu’emprisonné arbitrairement, il était confiné dans la forteresse d’Acre, Bahá’u’lláh exposa ce sujet de la paix universelle. Il écrivit au sujet de cette importante question de la paix universelle à tous les grands souverains du monde, et l’instaura parmi ses amis en Orient.

(4.2)
L’horizon de l’Orient était on ne peut plus ténébreux, les nations faisaient preuve l’une envers l’autre de la haine et de l’hostilité les plus implacables, les religions étaient assoiffées du sang des unes et des autres, tout n’était que ténèbres sur ténèbres.

(4.3)
C’est alors qu’apparut Bahá’u’lláh, tel le soleil brillant à l’horizon de l’Orient, illuminant la Perse de la clarté de ses enseignements. Parmi ceux-ci figure une déclaration de paix universelle.

(4.4)
Ses disciples, venant de différentes nations, religions et confessions, se rassemblèrent en sorte qu’ils formèrent des assemblées remarquables constituées des diverses nations et religions d’Orient. En y entrant on ne pouvait y voir qu’une seule nation, un seul enseignement, une seule voie, une seule organisation.

(4.5)
Les enseignements de Bahá’u’lláh ne se limitent pas à l’établissement d’une paix universelle. Ils englobent maints enseignements qui complètent et confortent celui de la paix universelle.

5. Principe de la recherche indépendante de la réalité

(5.1)
Au nombre de ces enseignements, on trouve la recherche indépendante de la réalité, afin que le monde de l’humanité, sauvé des ténèbres de l’imitation, parvienne à la vérité, qu’il déchire et rejette ce vêtement usé et rétréci d’il y a mille ans et qu’il revête l’habit tissé, avec une pureté et une sainteté extrêmes, dans les fils de la réalité.

(5.2)
Comme la réalité est une et ne peut donc admettre la multiplicité, les différentes opinions doivent finir par se fondre en une seule réalité.

6. Principe de l’unité de l’humanité

(6.1)
Au nombre des enseignements de Bahá’u’lláh figure aussi l’unité de l’humanité. Tous les êtres humains sont les brebis de Dieu et il est le Bon Berger. Ce berger est bon envers toutes les brebis, car il les a toutes créées, formées, soignées et protégées.

7. Principe des 3 fléaux de l’humanité (ignorance, immaturité, maladie)

(7.1)
Il ne fait aucun doute que le berger est bon envers toutes les brebis et s’il s’en trouve d’ignorantes parmi elles, elles doivent être éduquées ; s’il y a des enfants, ils doivent être formés jusqu’à leur maturité ; s’il y a des malades, ils doivent être guéris. Sans haine ni hostilité, ces ignorants et ces malades devraient être traités par un médecin bienveillant.

8. Principe d’abstention du fanatisme

(8.1)
Parmi ses enseignements, Bahá’u’lláh affirme que la religion doit être source de solidarité et d’amour. Si elle devient une cause d’aliénation, alors elle n’est pas nécessaire, car la religion est comme un remède ; s’il aggrave la maladie il devient inutile.

9. Principe d’unité entre science et religion

(9.1)
Dans ses enseignements, Bahá’u’lláh pose aussi le principe que la religion doit être conforme à la science et à la raison pour qu’elle puisse exercer une influence sur le coeur des hommes. Elle doit reposer sur des bases solides et ne pas s’en tenir à des imitations.

10. Principe d’abandon des préjugés

(10.1)
Ces enseignements affirment que les préjugés religieux, raciaux, politiques, économiques et patriotiques détruisent l’édifice de l’humanité. Tant que prévaudront ces préjugés, le monde des hommes ne connaîtra pas le repos.

(10.2)
Depuis six mille ans, l’histoire nous en apprend sur la communauté humaine. Pendant cette longue période l’humanité a toujours connu la guerre, les conflits, les meurtres et les actes sanguinaires. Chaque période a vu la guerre dans l’un ou l’autre pays, une guerre due à des préjugés religieux ou raciaux, politiques ou patriotiques.

(10.3)
Il est donc bien établi et prouvé que tous ces préjugés contribuent à détruire l’édifice humain. Aussi longtemps que persisteront ces préjugés, la lutte pour l’existence continuera à prévaloir, la soif du sang et la rapacité poursuivront leurs méfaits. Comme par le passé, les hommes ne pourront être sauvés des ténèbres du monde et atteindre l’illumination que par l’abandon des préjugés et l’acquisition des principes moraux du Royaume.

(10.4)
Si ces préjugés et cette hostilité sont dus à la religion, dites-vous que celle-ci doit être cause de fraternité, sinon elle est stérile.

(10.5)
Si ce préjugé est celui de la nationalité, dites-vous que l’humanité tout entière n’est qu’une seule nation ; tous les hommes descendent de l’arbre adamique et Adam est la racine de cet arbre, un arbre unique dont toutes les nations sont les branches, et les individus les feuilles, les fleurs et les fruits.

(10.6)
L’établissement des diverses nations et les combats sanglants qui en résultent, c’est-à-dire la destruction de l’édifice humain, sont dès lors dus à l’ignorance humaine et aux motivations égoïstes.

(10.7)
Le préjugé patriotique est également dû à une ignorance indiscutable, car la surface de la terre n’est qu’un seul pays natal. Chacun est capable de vivre en n’importe quel lieu du globe, par conséquent, le monde entier est le pays natal de l’homme. Les frontières et leurs points de passage ont été conçus par l’homme. On ne les trouve pas dans la création.

(10.8)
L’Europe est un continent, l’Asie est un continent, l’Afrique est un continent, l'Amérique est un continent et l’Australie est un continent, mais certains, répondant à des motivations personnelles et protégeant des intérêts égoïstes, ont divisé ces continents et en ont considéré une partie comme leur propre pays.

(10.9)
Dieu n’a établi aucune frontière entre la France et l’Allemagne, elles sont contiguës. En vérité, dans les premiers siècles, des êtres égoïstes ont, pour promouvoir leurs propres intérêts, fixé des frontières et des points de passage et y ont attaché une importance croissante, ce qui aboutit, dans les siècles suivants, à une hostilité, à des carnages et à une rapacité intenses.

(10.10)
Cet état de choses se poursuivra indéfiniment de la même manière et si cette conception du patriotisme continue à s’appliquer à un lieu limité, elle sera la cause première de la destruction du monde.

(10.11)
Aucune personne éprise de sagesse et de justice ne reconnaîtra ces divisions imaginaires. Nous considérons comme notre mère patrie la région limitée que nous appelons notre pays natal, alors que la patrie de tous c’est le globe terrestre, et non une quelconque zone limitée.

(10.12)
Bref, nous vivons sur cette terre pendant quelques jours puis nous y sommes inhumés ; c’est notre tombe éternelle. Cela vaut-il la peine de verser le sang et de nous entre-déchirer pour cette tombe éternelle ? Certainement pas. Une telle conduite déplaît à Dieu, et aucun homme sensé ne l’approuverait.

(10.13)
Réfléchissez ! Les animaux paisibles ne s’engagent pas dans des conflits patriotiques. Ils vivent en parfaite association les uns avec les autres et coexistent dans l’harmonie. Si, par exemple, une colombe venant de l’orient, une autre de l’occident, une autre encore venant du nord et une quatrième du sud, arrivent en même temps au même endroit, elles s’associent aussitôt dans l’harmonie. Ainsi en est-il des animaux et des oiseaux paisibles. Les animaux féroces, au contraire, dès qu’ils se rencontrent, s’attaquent et se combattent les uns les autres, s’entre-déchirant, et il leur est impossible de coexister paisiblement en un même lieu. Ce sont des combattants insociables et cruels, sauvages et agressifs.

(10.14)
En ce qui concerne le préjugé économique, chaque fois que les liens entre les nations se renforcent, que les échanges commerciaux s’intensifient et qu’un accord économique est établi dans l’une de ces nations, cette situation finira par toucher les autres pays, et les avantages qui en résulteront seront universels. C’est une évidence. Alors, pourquoi ce préjugé ?

(10.15)
Quant au préjugé politique, c’est la politique de Dieu qui doit être suivie, et il est incontestable que la politique de Dieu est supérieure à la politique des hommes. Nous devons suivre la politique divine, et ceci s’applique également à tous sans distinction. Dieu traite également tous les individus ; il n’établit aucune distinction. C’est le fondement des religions divines.

11. Principe d’une langue auxiliaire universelle

(11.1)
Au nombre des enseignements de Bahá’u’lláh, on trouve encore l’élaboration d’une langue qui puisse se répandre universellement parmi les hommes. Cet enseignement fut révélé par la plume de Bahá’u’lláh afin que cette langue universelle élimine les malentendus parmi les hommes.

12. Principe de l’égalité entre hommes et femmes

(12.1)
Au nombre des enseignements de Bahá’u’lláh, figure aussi l’égalité entre hommes et femmes.

(12.2)
Le monde de l’humanité possède deux ailes : les hommes et les femmes. Tant que les deux ailes ne sont pas également développées, l’oiseau ne peut voler. Si une aile demeure faible, le vol est impossible.

(12.3)
Tant que le monde des femmes ne deviendra pas égal au monde des hommes dans l’acquisition des vertus et des perfections, le succès et la prospérité ne pourront être réalisés comme ils devraient l’être.

13. Principe du partage volontaire de ses biens

(13.1)
Au nombre des enseignements de Bahá’u’lláh, on trouve le partage volontaire de ses biens avec les autres.

(13.2)
Ce partage volontaire est supérieur à l’égalité, et il consiste en ceci que l’homme ne doit pas se préférer à autrui mais, plutôt, sacrifier aux autres sa vie et ses possessions. Mais ceci ne doit pas être introduit par voie coercitive, comme une loi que les hommes seraient contraints de respecter. Non, l’homme doit, spontanément et de son plein gré, sacrifier à autrui sa propriété et sa vie, et contribuer volontairement à aider les indigents, comme c’est le cas parmi les bahá’ís de Perse.

14. Principe de la liberté de l’homme

(14.1)
Bahá’u’lláh enseigne encore la liberté de l’homme, l’idée que, par le Pouvoir idéal, il se libère et s’émancipe de la captivité du monde naturel car la lutte pour l’existence est une des exigences de ce monde de la nature, et tant que l’homme en est prisonnier il est un animal féroce.

(14.2)
Ce problème du combat pour l’existence est la source de toutes les calamités, c’est la plus grande des afflictions.

15. Principe de la nécessité de la religion

(15.1)
Un des enseignements de Bahá’u’lláh affirme que la religion est un puissant rempart. Si l’édifice de la religion est ébranlé et menace de tomber en ruine, la confusion et le chaos s’ensuivent et l’ordre des choses est totalement bouleversé car, dans le monde, il existe deux sauvegardes qui protègent l’homme de ses méfaits.

(15.2)
L’une est la loi qui punit le criminel. Mais la loi ne prévient que les crimes patents, et non les crimes cachés.

(15.3)
L’autre, la sauvegarde idéale - à savoir la religion de Dieu - prévient à la fois les crimes patents et les crimes cachés. Elle forme les hommes, éduque leur caractère, les pousse à acquérir des vertus, et constitue le pouvoir idéal qui garantit la félicité de l’humanité.

(15.4)
Toutefois, par religion s’entend ce qui est confirmé par la recherche et non ce qui est fondé sur l’imitation pure et simple, les fondements de la religion divine et non les imitations humaines.

16. Principe de l’unité entre la civilisation matérielle et divine

(16.1)
Au nombre des enseignements de Bahá’u’lláh, on trouve l’idée que le bonheur de l’humanité, le résultat souhaité, ne sera pas atteint tant que la civilisation matérielle ne sera pas associée à la civilisation divine, bien que cette civilisation matérielle soit l’un des moyens concourant au progrès du monde humain.

(16.2)
Voyez : ces vaisseaux qui réduisent en ruines une cité en l’espace d’une heure sont le fruit de la civilisation matérielle ; les canons Krupp, les fusils Mauser, la dynamite, les sous-marins, les torpilleurs, les avions de combat, les bombardiers… toutes ces armes de guerre sont les fruits pernicieux de la civilisation matérielle.

(16.3)
Si celle-ci avait été associée à la civilisation divine, ces armes terrifiantes n’auraient jamais été inventées. Bien au contraire, l’énergie humaine aurait été entièrement consacrée à des inventions utiles et se serait concentrée sur des découvertes dignes de louange.

(16.4)
La civilisation matérielle est comme le verre d’une lampe. La civilisation divine est la lampe même. Sans la lumière, le verre reste obscur.

(16.5)
La civilisation matérielle est comme le corps. Aussi gracieux, élégant et beau qu’il soit, il est inanimé.

(16.6)
La civilisation divine est comme l’esprit. Le corps reçoit la vie de l’esprit, sans lequel il devient un cadavre.

(16.7)
Ainsi, il est prouvé que l’humanité a besoin des souffles de l’Esprit-Saint.

(16.8)
Sans l’esprit, le monde est privé de vie et, sans cette lumière, l’humanité est plongée dans une obscurité totale, car le monde de la nature est un monde animal.

(16.9)
Tant que l’homme ne renaît pas du monde de la nature, c’est-à-dire tant qu’il ne se détache pas de ce monde, il est essentiellement un animal, et ce sont les enseignements de Dieu qui transforment cet animal en un être humain.

17. Principe de l’éducation universelle

(17.1)
Et, au nombre des enseignements de Bahá’u’lláh, figure la promotion de l’éducation.

(17.2)
Chaque enfant doit être instruit dans les sciences autant qu’il est nécessaire.

(17.3)
Si les parents sont en mesure de pourvoir aux frais de son éducation, c’est parfait ; autrement, la communauté doit leur en procurer les moyens.

18. Principe de la justice universelle

(18.1)
Au nombre des enseignements de Bahá’u’lláh, on trouve encore la justice et le droit. Tant que ceux-ci n’existeront pas, tout sera en désordre et imparfait. Car le monde humain est un monde d’oppression et de cruauté, un royaume d’agression et d’erreur.

19. Les enseignements de Bahá’u’lláh concourent à la paix universelle

(19.1)
Finalement, ces enseignements sont nombreux. Ces divers principes, qui constituent le meilleur fondement pour le bonheur de l’humanité et procèdent de la munificence du Miséricordieux, doivent être ajoutés à la question de la paix universelle et lui être associés pour obtenir des résultats. Sinon, l’instauration de la paix universelle à elle seule dans le monde de l’humanité, demeure problématique.

(19.2)
Les enseignements de Bahá’u’lláh, lorsqu’ils sont associés à la paix universelle, sont comme une table couverte de toutes sortes d’aliments frais et succulents. Chacun peut trouver, sur cette table de munificence infinie, ce qu’il désire.

(19.3)
Si l’on réduit le problème à la seule paix universelle, les résultats remarquables et désirables escomptés ne seront pas obtenus.

(19.4)
La paix universelle doit être de nature à combler les souhaits les plus ardents de toutes les communautés et de toutes les religions.

(19.5)
Les enseignements de Bahá’u’lláh sont tels, que toutes les communautés du monde, qu’elles soient religieuses, politiques ou éthiques, anciennes ou modernes, y trouvent l’expression de leur désir le plus noble.

20. La religion universelle

(20.1)
Par exemple, les adeptes des diverses religions trouvent, dans les enseignements de Bahá’u’lláh, l’établissement de la religion universelle, une religion parfaitement conforme aux conditions présentes, qui procure la guérison immédiate de la maladie incurable [nota : la maladie de la désunion aboutissant à la guerre], soulage toute souffrance et apporte l’infaillible antidote à tout poison mortel.

(20.2)
En effet, si nous voulions suivre les traditions religieuses actuelles pour instaurer le bonheur parmi les hommes (les lois de la Torah, par exemple, ou celles des autres religions telles qu’elles sont perpétuées actuellement), la tâche serait impossible, impraticable.

(20.3)
Par contre, la base essentielle de toutes les religions divines, qui se rapporte aux vertus du monde de l’humanité et constitue le fondement du bien-être du monde des hommes, est présente, de la manière la plus parfaite, dans les enseignements de Bahá’u’lláh.

21. Principe de la liberté

(21.1)
Il en est de même pour la liberté que les peuples revendiquent : la liberté modérée, qui garantit le bien-être de l’humanité, qui maintient et préserve les relations universelles est contenue, dans toute sa force et son ampleur, dans les enseignements de Bahá’u’lláh.

22. Principe de la politique divine

(22.1)
Ainsi en est-il des partis politiques : ce qui constitue la plus grande politique régissant le monde de l’humanité, la politique divine, est contenu dans les enseignements de Bahá’u’lláh.

(22.2)
Tout comme ce qui concerne le parti « de l’égalité » qui recherche la solution des problèmes économiques : jusqu’à présent, toutes les solutions proposées se sont révélées impraticables, à l’exception des propositions d’ordre économique contenues dans les enseignements de Bahá’u’lláh, qui sont praticables et ne causent aucun dommage à la société.

(22.3)
De même, à propos des autres partis. Si vous réfléchissez profondément à ce problème, vous constaterez que les buts les plus nobles de ces partis sont contenus dans les enseignements de Bahá’u’lláh.

(22.4)
Ces enseignements constituent le pouvoir qui embrasse toutes choses parmi les hommes, et peuvent être mis en application, alors que certains enseignements des temps passés, tels que ceux de la Torah, ne peuvent être appliqués à notre époque. Il en est de même des autres religions et des doctrines professées par les diverses confessions et les différents partis.

23. Principe d’un tribunal universel

(23.1)
Sur la question de la paix universelle, par exemple, Bahá’u’lláh déclare qu’il faut instituer un Tribunal suprême.

(23.2)
Bien que la Société des Nations ait été créée, elle est incapable d’instaurer la paix universelle, mais le Tribunal suprême décrit par Bahá’u’lláh accomplira cette tâche sacrée avec un pouvoir et une puissance extrêmes.

(23.3)
Son plan est le suivant : les assemblées nationales de chaque pays et de chaque nation - c’est-à-dire les parlements - doivent élire deux ou trois personnes considérées comme les hommes les plus éminents de chaque nation, bien informées des lois internationales et des relations intergouvernementales et connaissant bien les besoins essentiels de l’humanité de notre époque. Le nombre de ces représentants doit être proportionnel à celui des habitants de chaque pays. L’élection de ces hommes, choisis par l’assemblée nationale - c’est-à-dire le parlement - doit être ratifiée à la fois par la chambre haute, le congrès et le gouvernement, ainsi que par le président ou le souverain, afin que ces personnes soient les élus de toute la nation et de son gouvernement. C’est parmi eux que seront élus les membres du Tribunal suprême, et toute l’humanité y aura ainsi sa part, car chacun de ces délégués est entièrement représentatif de son propre pays.

(23.4)
Lorsque le Tribunal suprême rendra un jugement sur un problème international - soit à l’unanimité soit à la majorité, - le plaignant n’aura plus aucun prétexte pour se plaindre et le prévenu aucun motif d’objection.

(23.5)
Dans le cas où l’un quelconque des gouvernements ou nations serait réticent ou se livrerait à des manoeuvres dilatoires dans l’exécution de la décision irrévocable du Tribunal suprême, les autres nations se dresseraient contre ce gouvernement ou ce pays, car tous les gouvernements et tous les pays du monde seront les défenseurs de ce Tribunal suprême.

(23.6)
Voyez comme est solide ce fondement ! Alors que, par les soins d’une Société des Nations limitée et restreinte, le but ne sera pas atteint comme il le faudrait. Telle est, sur la situation, la vérité que nous venons d’établir.

24. Puissance des enseignements de Bahá’u’lláh

(24.1)
Jugez de la puissance des enseignements de Bahá’u’lláh. Il était prisonnier, enfermé dans la prison d’Acre, menacé par deux rois sanguinaires. Néanmoins ces enseignements se répandirent dans toute la Perse et dans d’autres pays.

(24.2)
Qu’une doctrine, une idée, ou une communauté tombe sous la coupe d’un roi puissant et sanguinaire et elle sera annihilée en un rien de temps.

(24.3)
Aujourd’hui, après cinquante ans, les bahá’ís de Perse et de la plupart des régions ont connu de sévères restrictions sous la menace de la lance et de l’épée.

(24.4)
Des milliers d’âmes ont donné leur vie dans l’arène du sacrifice, victimes des épées de la cruauté et de l’oppression. Des milliers d’enfants sont orphelins. Des milliers de pères ont perdu leur enfant. Des milliers de mères pleurent et se lamentent car leur garçon a été décapité. Mais cette oppression, cette cruauté, cette rapacité et cette soif de sang n’ont su empêcher la diffusion des enseignements de Bahá’u’lláh. Jour après jour ils se répandent et leur puissance et leur pouvoir deviennent de plus en plus évidents.

25. Tentatives d’appropriation des enseignements de Bahá’u’lláh

(25.1)
Il peut arriver qu’un Persan ait l’idée folle de publier sous son nom les Tablettes de Bahá’u’lláh ou les explications données dans les Tablettes de ‘Abdu’l-Bahá, puis de les envoyer à votre auguste Assemblée. Sachez-le, car tout Persan qui recherche la gloire, ou pour d’autre motivation, s’attribuera toutes les tablettes de Bahá’u’lláh et les publiera sous son nom ou sous le nom de sa communauté comme c’est arrivé au Congrès universel des races à Londres, avant la guerre.

(25.2)
Un Persan récupéra l’essence des épîtres de Bahá’u’lláh et, dans ce Congrès, les présenta et les publia sous son nom alors que c’étaient, mot à mot, des textes de Bahá’u’lláh. De tels individus sont allés en Europe, troublant l’esprit des Européens et perturbant quelques orientalistes.

(25.3)
Gardez ce fait en mémoire car aucun mot de ces enseignements n’était connu en Perse avant Bahá’u’lláh. Faites des recherches, que cela devienne pour vous clair et évident. Certaines personnes sont comme des perroquets. Elles apprennent n’importe quel chant qu’elles entendent et le répètent mais sont inconscientes de ce qu’elles disent.

(25.4)
En Perse, une secte est composée de personnes qui se nomment bábís et prétendent être des disciples du Báb alors qu’elles sont complètement ignorantes des enseignements de celui-ci. Quelques-unes de leurs doctrines secrètes sont complètement opposées aux enseignements de Bahá’u’lláh et, en Perse, les gens le savent.

(25.5)
Mais lorsque ces personnes viennent en Europe, elles dissimulent leurs enseignements et répandent ceux de Bahá’u’lláh car elles savent que ces enseignements sont puissants ; elles affirment alors publiquement qu’ils sont les leurs. Elles prétendent que leurs doctrines secrètes sont tirées du Bayán, livre révélé par le Báb. Quand vous trouverez, en Perse, une traduction du livre du Bayán vous découvrirez qu’en réalité les enseignements de Bahá’u’lláh sont complètement opposés à ceux de cette secte. Ne négligez pas ce fait et enquêtez en Perse si vous voulez faire des recherches sur la question.

26. Principe du pouvoir de l’amour

(26.1)
Pour terminer, où que ce soit dans le monde, si l’on trouve une construction, elle est le résultat de l'association et de l’amour alors que tout ce qui est en ruine montre l’effet de l’inimitié et de la haine.

(26.2)
Malgré cela, l’humanité n’en a pas encore pris conscience et n’est pas sortie du sommeil de l’insouciance.

(26.3)
Elle s’engage encore dans des différends, des querelles et des disputes, afin de pouvoir lever des armées et on en voit beaucoup qui vont et viennent dans les arènes des batailles et des conflits.

(26.4)
Il en est de même avec la création et sa décomposition, son existence et sa non-existence. Tout être contingent est fait de nombreux éléments différents et toute existence est le résultat d’une composition. Autrement dit, des éléments simples se réunissent et un être apparaît. C’est ainsi que se créent les êtres.

(26.5)
Lorsque cette composition est perturbée, la décomposition s’ensuit, les éléments se dispersent et cet être n’existe plus. L’annihilation de tout ce qui existe consiste en la décomposition et la séparation de ses éléments.

(26.6)
En conséquence, toute union de couleurs, de feuilles, de fleurs et de fruits contribuera à la beauté des autres, elle créera un superbe jardin et paraîtra dans un état de beauté, de fraîcheur et de douceur parfaites.

(26.7)
De même, lorsque la différence et la variété des pensées, des formes, des opinions, des personnalités et des moeurs du monde des hommes se trouvera sous l’influence d’un seul et suprême Pouvoir [nota : ce Pouvoir divin est la force de l’Amour qui unifie toute chose], l’influence de cette composition des éléments sera cause de vie, alors que la séparation et la dissociation sont cause de mort.

(26.8)
Bref, l’attraction et l’harmonie des choses produisent des fruits et des résultats utiles alors que la répulsion et l’antagonisme produisent des perturbations et l’annihilation.

(26.9)
Tous les êtres contingents en vie, les plantes, les animaux et les hommes, sont créés par l’harmonie et l’attraction ; l’antagonisme et la répulsion sont sources de décomposition et d’annihilation.

(26.10)
En conséquence, tout ce qui est cause d’harmonie, d’attirance et d’union parmi les hommes est la vie du monde de l’humanité et tout ce qui est cause de différends, de répulsion et de séparation est source de mort pour l’humanité.

27. Principe de l’existence d’un Créateur

(27.1)
Lorsque vous longez un jardin dans lequel légumes, plantes, fleurs, herbes odoriférantes se combinent pour former un tout harmonieux, c’est la preuve que ce jardin et cette roseraie ont été cultivés et arrangés par les soins d’un excellent jardinier.

(27.2)
Alors qu’un jardin en désordre, confus, mal entretenu indique un manque de soin par un jardinier expérimenté et n’est qu’un fouillis de mauvaises herbes.

(27.3)
Il est donc clair que l’amitié, l’harmonie sont des preuves de l’influence du vrai Éducateur et que la séparation et la division produisent de la sauvagerie, preuve de l’absence d’éducation divine.

28. Principe de l’unité dans la diversité

(28.1)
On pourrait objecter que les communautés humaines, les nations, les races et les peuples du monde ayant différents usages, coutumes, goûts, tempéraments, morales, manières de réfléchir, idées et opinions, il est impossible que l’unité idéale se manifeste et qu’une union complète des hommes soit réalisée.

(28.2)
À cela nous répondons que les différences sont de deux sortes. Les unes conduisent à la destruction, par exemple les différences entre les peuples en guerre, les nations en compétition qui s’entre-détruisent, anéantissent leurs familles réciproques, suppriment repos et confort et commettent des actes de pillage et de carnage, ce qui est condamnable.

(28.3)
Alors que les autres différences sont des variations qui sont la perfection même et la source de la générosité divine. Voyez les fleurs d’une roseraie. Leurs espèces sont différentes, leurs couleurs variées, leurs formes et apparences diverses mais elles s’abreuvent à la même eau, sont bercées par la même brise, poussent grâce à la chaleur et à la lumière d’un même soleil et ces variations, ces différences ont pour résultat que la beauté et la splendeur de l’une rehaussent la splendeur et la beauté des autres.

(28.4)
Ces différences de manières, de coutumes, de vêtements, de pensées, d’opinions, de tempérament sont des parures pour l’humanité, elles sont dignes d’éloges.

(28.5)
D’ailleurs, ces différences, ces variations, comme les variations et les différences qu’on trouve dans les différentes parties et membres du corps humain, sont sources de beauté et de perfection.

(28.6)
Comme ces différentes parties et membres sont contrôlés par l’esprit qui domine et comme cet esprit est présent dans tous les organes et les membres, et régule les artères et les veines, ces différences et ces variations renforcent l’amour et l’harmonie et cette multiplicité est d’une grande aide pour l’unité.

(28.7)
Un jardin avec des fleurs, des herbes, des boutons et des fruits, des feuilles, des branches et des troncs qui auraient tous la même couleur, les mêmes formes, les mêmes dispositions, ne serait ni beau ni agréable ; mais lorsqu’on trouve de la variété dans le monde de l’unité, toutes ces plantes paraîtront comme des chefs-d’oeuvre de beauté, de parfum et de perfection.

(28.8)
Aujourd’hui, seul le pouvoir du Verbe de Dieu qui englobe les réalités des choses peut amener les pensées, les réflexions, les coeurs et les esprits à l’ombre d’un même arbre.

(28.9)
Il est le Tout-Puissant, il revivifie les âmes, il protège et gouverne le monde des hommes.

(28.10)
Loué soit Dieu ! En ce jour la lumière du verbe divin brille sur toutes les régions, et, venant de toutes les factions, toutes les communautés, toutes les nations, tous les peuples, toutes les religions, toutes les confessions, des âmes se réunissent à l’ombre du Verbe de l’unité, dans l’union, l’harmonie et l’amitié les plus parfaites.


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